Le choix entre l'impôt sur les sociétés (IS) et l'impôt sur le revenu (IR) est l'une des décisions fiscales les plus structurantes pour un entrepreneur. Mal anticipé, il peut coûter des dizaines de milliers d'euros sur 5 ans. Voici le point complet avec les règles applicables en 2026.
L'impôt sur les sociétés (IS) : taux 2026 confirmés
L'IS s'applique par défaut aux sociétés de capitaux (SAS, SARL, SA…). Le bénéfice est imposé à : - 15 % sur les premiers 42 500 € pour les PME éligibles au taux réduit - 25 % au-delà, et pour toutes les autres entreprises
Pour bénéficier du taux réduit de 15 %, trois conditions doivent être réunies : capital entièrement libéré, détenu à au moins 75 % par des personnes physiques, et chiffre d'affaires hors taxe inférieur à 10 millions d'euros.
L'IS permet de moduler la rémunération du dirigeant, d'accumuler des capitaux dans la société à un taux maîtrisé, et d'optimiser la sortie via dividendes ou salaire selon les circonstances.
Nouveauté 2026 : taux réduit et groupes intégrés — point de vigilance
Un arrêt du Conseil d'État du 13 mars 2025 a précisé que les sociétés membres d'un groupe fiscalement intégré ne peuvent pas bénéficier du taux réduit de 15 % si le chiffre d'affaires consolidé du groupe dépasse 10 millions d'euros, même si la filiale prise isolément reste sous ce seuil. Les entreprises concernées qui ont appliqué ce taux à tort en 2023 et 2024 devaient déposer des déclarations rectificatives avant le 20 mai 2026. Si vous n'avez pas encore analysé votre situation dans un contexte de groupe, contactez-nous sans attendre.
Contribution exceptionnelle IS 2026 : les grandes entreprises encore concernées
La loi de finances 2026 a prorogé la contribution exceptionnelle sur l'IS pour les grandes entreprises. Le seuil d'entrée a toutefois été rehaussé à 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires (contre 1 milliard précédemment), ce qui exclut la quasi-totalité des ETI et PME. Un lissage est prévu entre 1,5 et 1,6 milliard d'euros.
L'impôt sur le revenu (IR)
En régime IR, les bénéfices de l'entreprise sont directement intégrés dans votre déclaration personnelle et imposés selon votre tranche marginale d'imposition (TMI), pouvant aller jusqu'à 45 %, auxquels s'ajoutent les prélèvements sociaux (17,2 % sur les revenus du capital).
L'IR est obligatoire pour les entreprises individuelles et les EURL par défaut. Il est optionnel pour les SARL de famille et les SAS/SASU en cours de création (option temporaire limitée à 5 exercices comptables).
Les critères de décision en 2026
L'IR est avantageux si votre tranche marginale est inférieure à 25 %, si vous anticipez des déficits imputables sur votre revenu global (notamment en phase de démarrage), ou si vous recherchez la transparence fiscale immédiate sans accumulation dans la structure.
L'IS est préférable dès que votre TMI dépasse 25 %, si vous souhaitez capitaliser dans la société pour financer sa croissance, ou si vous envisagez une cession à moyen terme (régime d'apport-cession, régime mère-fille, pacte Dutreil).
Le piège fréquent : l'option IR trop longtemps maintenue
L'option IR d'une SAS est irrévocable une fois les 5 exercices écoulés : la société bascule automatiquement à l'IS. Des dirigeants qui n'ont pas anticipé ce basculement se retrouvent imposés sur des réserves constituées sous IR, sans avoir optimisé leur sortie. La transition doit être planifiée 12 à 18 mois à l'avance.
Chaque situation est unique. Notre cabinet analyse votre situation patrimoniale et professionnelle globale pour vous recommander la structure la plus adaptée à vos objectifs, et vous accompagne lors des transitions de régime fiscal.
