SAS ou SARL : le comparatif 2026 pour bien choisir

Statut social du dirigeant, dividendes, fiscalité, cession des titres : les vraies différences entre SAS et SARL en 2026, avec le PFU à 31,4 % et la nouvelle assiette des cotisations des indépendants.

Juridique··4 min de lecture·Par Michel Bohdanowicz — Expert-comptable — Commissaire aux comptes

Par Michel Bohdanowicz, expert-comptable – Mis à jour le 17 octobre 2026

La SAS et la SARL (et leurs versions à associé unique, SASU et EURL) sont les formes de société les plus choisies par les créateurs. Le choix se joue surtout sur trois points : le statut social du dirigeant, le traitement des dividendes et la souplesse des statuts.

Le statut social du dirigeant : la différence principale

CritèrePrésident de SASGérant majoritaire de SARL
RégimeAssimilé salarié (régime général)Travailleur indépendant (TNS)
Cotisations pour 100 € de rémunération netteEnviron 80 €Environ 45 à 50 €
Assurance chômageNonNon
Sans rémunérationAucune cotisation, mais aucun droit acquisCotisations minimales dues

Ces montants sont des ordres de grandeur : ils varient avec le niveau de rémunération et doivent être confirmés par une simulation. Le président de SAS cotise comme un cadre, sauf à l'assurance chômage : il est mieux protégé (retraite, prévoyance), mais chaque euro de salaire coûte plus cher à la société. Le gérant majoritaire de SARL cotise moins, mais sa protection sociale est plus réduite. Le gérant minoritaire ou égalitaire de SARL rémunéré relève, lui, du régime des assimilés salariés.

Pour les indépendants, les cotisations sont calculées depuis les revenus de 2025 (déclarés en 2026) sur une nouvelle assiette : le revenu professionnel diminué d'un abattement de 26 %. Pour un gérant de société à l'IS, ce revenu comprend sa rémunération, déduction faite de ses frais professionnels, et une partie de ses dividendes.

Les dividendes : l'avantage de la SAS

  • En SAS, les dividendes ne supportent pas de cotisations sociales. Ils sont soumis au prélèvement forfaitaire unique, porté à 31,4 % depuis le 1er janvier 2026 (12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux), ou, sur option, au barème progressif de l'impôt sur le revenu.
  • En SARL, les dividendes perçus par le gérant majoritaire, son conjoint ou partenaire de PACS et ses enfants mineurs sont soumis aux cotisations des indépendants pour la part qui dépasse 10 % du capital social, des primes d'émission et des sommes laissées en compte courant. Le reste suit le même régime que les dividendes de SAS.

La fiscalité de la société

  • SAS et SARL relèvent par défaut de l'impôt sur les sociétés : 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice pour les PME qui remplissent les conditions, 25 % au-delà.
  • Les deux peuvent opter temporairement pour l'impôt sur le revenu pendant 5 exercices, si elles ont moins de 5 ans, moins de 50 salariés et un chiffre d'affaires ou un total de bilan inférieur à 10 millions d'euros, entre autres conditions.
  • La SARL de famille (associés parents en ligne directe, frères et sœurs, conjoints ou partenaires de PACS) peut opter pour l'impôt sur le revenu sans limite de durée, sauf pour une activité libérale.
  • L'EURL dont l'associé unique est une personne physique relève de plein droit de l'impôt sur le revenu, avec la possibilité d'opter pour l'impôt sur les sociétés.

La souplesse des statuts

La SAS laisse une grande liberté de rédaction : gouvernance sur mesure, clauses d'agrément et d'exclusion, actions de préférence. Elle convient aux projets qui accueilleront des investisseurs ou des associés aux intérêts différents.

La SARL est plus encadrée par la loi. Ses règles standardisées la rendent lisible pour les partenaires et moins coûteuse à mettre en place pour un projet simple avec peu d'associés.

La cession des titres

Titres cédésDroits d'enregistrement
Actions de SAS0,1 % du prix
Parts sociales de SARL3 % après un abattement de 23 000 €, réparti au prorata des parts cédées
Société à prépondérance immobilière5 %

Notre conseil

Aucune forme n'est meilleure dans l'absolu. Le bon choix dépend de la rémunération que vous souhaitez vous verser, de votre politique de dividendes, de la protection sociale recherchée et de l'arrivée éventuelle de nouveaux associés. Notre cabinet réalise une simulation chiffrée des deux statuts à partir de votre situation. Les budgets 2027 sont en cours d'examen au Parlement : ce comparatif sera mis à jour après leur adoption.

Sources officielles (consultées le 17 octobre 2026)

  • entreprendre.service-public.gouv.fr : statut social du dirigeant (F36007), option pour l'impôt sur le revenu (F36006), actualité sur la nouvelle assiette des cotisations des indépendants (A18879), actualité sur la hausse de la CSG sur les revenus du capital (A18796)
  • impots.gouv.fr : « Cession de droits sociaux »
  • Bpifrance Création : ordres de grandeur des cotisations du dirigeant assimilé salarié et du travailleur indépendant

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